Compte rendu conference Apicole de Mühldorf -Allemagne

L’apiculture est un monde d’échange. C’est en se confrontant avec d’autres pratiques que l’on progresse soi-même dans la connaissance.

J’ai eu la chance d’être invité début Novembre à une réunion mensuelle de l’association des apiculteurs de Mühldorf en Bavière (Allemagne). Cette association que je connaissais depuis plusieurs années compte de l’ordre de 350 membres d’une apiculture essentiellement rurale.

La réunion des membres présents et contents de se retrouver démarre dans une ambiance convivale autour d’une bière ou autre boisson. Les locaux sont ceux de l’association (Bienenhof).

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Au programme, il y avait une conférence sur les plantes mellifères proposé par une experte auprès du ministère Allemand de l’agriculture: Maria TH Lohmeier (également apicultrice).

Le point de vue était assez différent de ce que l’on peut entendre en France car il proposait des solutions bénéfiques aux abeilles (et donc aux apiculteurs) mais aussi bénéfiques aux agriculteurs dans une relation gagnant-gagnant.

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La proposition s’articulait autour de 3 axes:

1- Les plantes mellifères pour les particuliers et les balcons

Il s’agissait de faire des propositions pour remplacer les traditionnels géraniums que l’on trouve sur tous les balcons d’Allemagne dans des débauches de variétés plus belles les uns que les autres mais qui ne sont pas du tout mellifères par des plantes toutes aussi belles mais cette fois mellifères (et donc profitables pour les abeilles).  L’idée est de proposer des assemblages de plantes à des coûts raisonnables pour les jardinières et pour les jardins et offrant des floraisons étalées tout au long de l’année pour permettre aux abeilles de disposer de ressources continuellement.

2- Propositions pour les plates-bandes gérées par les mairies

L’approche est cette fois différente. Les mairies doivent généralement gérer dans leurs espaces vert des plates-bandes qui sont remplacés plusieurs fois par an. L’idée est de favoriser de la même manière des assemblages de fleurs mellifères mais l’approche est de proposer des fleurs par couleur pour permettre de réaliser des motifs mais avec des plantes mellifères.

3- Proposition pour une co-culture mellifère pour l’agriculture

Cette proposition s’adresse cette fois-ci aux agriculteurs et particulièrement aux cultures de maïs très présents en Bavière et en Autriche. On parle donc de surfaces conséquentes.

Si j’ai bien compris, actuellement, la pratique commune est la suivante:

L’agriculteur commence par  semer et récolter du blé, puis plante du maïs puis laisse la terre se reposer ou sème des plantes de type colza d’hiver ou moutarde pour régénérer la terre et le cycle recommence. Entre chaque récolte, les restes de plantes sont éliminés avec des produits herbicides.

Ce n’est bon ni pour la terre ni pour les abeilles:

– Les abeilles souffrent avec les herbicides
– Ca coûte cher a l’agriculteur en produits sanitaires
– La plupart de l’année, il n’y a pas de fleur a butiner pour les abeilles
– Les plantes de fin d’été qui fixent l’azote dans le sol type colza d’hiver ou moutarde sont en fleur en fin d’automne et offrent une ressource bienvenue aux abeilles, mais c’est trop tard dans l’année et c’est la période ou la Reine devrait réduire sa ponte pour l’hiver pour éviter trop de bouches à nourrir. Cela arrive à contretemps.T3

 

La proposition consiste lors de la plantation du maïs à alterner un rang de maïs avec un rang d’une plante appelée SILPHIE.  Maïs et silphie sont récoltés en même temps avec une machine spéciale. Cette plante qui peut atteindre 3 mètres de haut présente beaucoup d’avantages:

– Elle est très mellifère.
– Elle grandit très vite et sa durée de vie est supérieure à 30 ans.
– Elle protège le maïs des insectes et permet de réduire à presque rien la quantité de produits phytosanitaires à répandre sur le Maïs. C’est aussi bon pour les abeilles
– La silphie bénéficie aussi à l’agriculteur car la quantité de biogaz que l’on peut produire avec elle est supérieure au maïs. Cette co-culture est donc très bénéfique pour l’agriculteur producteur de biogaz (très courant en Allemagne)

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Il existe un programme du ministère Allemand e l’agriculture qui tend à encourager les agriculteurs à utiliser cette plante dont le coût de revient est de l’ordre de 2000 € par hectare.

Vous pouvez trouver des informations sur ce site: http://www.donau-silphie.de/home.html

Ce qui m’a frappé dans cette conférence c’était que l’on ne cherchait pas à opposer agriculteurs et apiculteurs ou apiculteurs et pouvoirs-publics, mais de chercher ensemble des solutions qui profitent à tous dans un mode gagnant-gagnant.

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